Didier Bonneville-Roussy et l’état du marketing Internet en 2011

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J’inaugure aujourd’hui sur Web Entrepreneur Débutant une série d’interviews de marketeurs francophones pour vous permettre de mieux les connaitre et de comprendre ce qu’ils peuvent vous apporter pour développer votre activité sur Internet.

Dans cette première interview, Didier Bonneville-Roussy nous explique comment il a réussi à percer dans le marketing Internet et il nous livre également son analyse de l’état du marketing sur Internet en 2011.

Aurélien Amacker: Bonjour Didier et bienvenue sur Web Entrepreneur Débutant ! Tu es un marketeur canadien avec une très grosse expérience (tu es par exemple le fondateur du logiciel d’emailing Cybermailing), et j’ai voulu faire cette interview pour permettre aux membres de la communauté Web Entrepreneur Débutant de mieux te connaitre.
Est-ce que tu peux nous rappeler brièvement ton parcours ? Comment est-ce que tu as démarré dans le marketing Internet ?

Didier Bonneville-Roussy: Bonjour Aurélien, je crois que j’ai débuté en affaires comme un peu tout le monde : par accident. Lorsque j’avais 17 ans j’ai découvert le Web à la bibliothèque. Sur un des postes informatiques il y avait un logiciel, Gopher, que j’ai eu le plaisir de découvrir. Gopher est en fait l’ancêtre des navigateurs actuels. On est en 1994.
Quelques mois plus tard un ami et moi nous étions mis dans la tête de se bâtir une entreprise pour vendre des Comics Books sur internet. Ça a été un flop, mais terrible ! En six mois, pas une seule vente ! Peut-être une centaine de visiteurs… Pire, j’avais perdu mes prêts et ma bourse pour mes études dans l’achat du stock.

Essentiellement j’avais commis à peu près toutes les erreurs que quelqu’un peut commettre lorsqu’il se lance. Pourtant j’étais persuadé que ce média avait un avenir commercial.

J’ai donc passé plusieurs années à traquer et étudier ceux qui arrivaient àen faire quelque chose. C’est comme ça que j’ai découvert en 1995 Corey Rudl, Mike Enlow, Ken McCarthy, Jay Abraham, Dan Kennedy, Paul Myers, Gary Halbert. Tous des légendes en marketing Internet et en marketing direct.

Et à partir de là j’ai fait mon petit bonhomme de chemin. Avec comme premier succès « Advertizers and Web marketers Digest », une newsletter que je publiais bien irrégulièrement qui comptait 25 000 abonnés. En 1996 c’était quelque chose ! C’était probablement même une des plus grosses newsletters sur lesujet. Je me suis ensuite tourné vers le consulting, le marketing postal et le marketing téléphonique, j’ai aussi fait un peu de publicité dans les journaux…

25 000 abonnés à une newsletter en 1996 effectivement c’était quelque chose !
Tu sais, en février 2010 je me suis donné un an pour développer mes revenus sur Internet et parcourir le monde et je voudrais savoir, quand est-ce qu etu as senti que tu étais en train de réussir ? C’est à dire que tu allais réussir à développer une entreprise pérenne et continuer à la développer ?
Est-ce qu’il y a eu un évènement en particulier où tu t’es dit « là c’est bon, je suis en train d’y arriver » ?

Ça je dois avouer que ça a été très long ; tu sais, entre posséder les techniques qui permettent de faire de l’argent, et vraiment les utiliser de façon pérenne, je dirais qu’il y a un monde ! De 1996 à 2003 à peu près, je dirais que j’étais dans la catégorie des opportunistes d’affaires : je prenais un client par-ci par-là, j’avançais sans jamais vraiment me donner de structure solide et des assises sur lesquelles je pourrais construire.

La grande percée s’est faite en 2003 lorsque je me suis finalement décidé à écrire un cours de marketing internet, mais en français. Jusque-là je n’avais travaillé qu’avec des anglo-saxons. Le succès de ce cours a été immédiat, instantané et durable…
D’abord parce que j’avais un plan. Ensuite parce que j’avais aussi développé une solide association avec Lionel Palazzi. On peut dire que cette rencontre a probablement été la plus déterminante de ma carrière.

 

À ce moment-là j’ai su : non seulement que j’avais quelques chose de gros entre les mains, mais surtout que je ne manquerais plus jamais de rien.

 

Et tout a déboulé… l’achat de Cybermailing à Gilles Ortheau, des associations avec certains clients, la rencontre des plus grands marketeurs francophones…

Quelles ont été tes influences majeures dans le domaine du marketing et de l’entrepreneuriat ?

Je dirais qu’il y a eu trois influences majeures :

Jay Abraham, ma première réelle incursion dans la pensée stratégique.

 

Dan Kennedy, qui a été en quelque sorte le déclencheur qui m’a sorti du mode attente, pour passer en mode création d’opportunités.

 

Et Warren Buffet, qui m’a fait réaliser la relation très étroite entre le marketing et la solidité financière d’une entreprise et sa capacité à enrichir ses propriétaires.

Effectivement je viens de lire « No B.S. Marketing to the affluent » de Dan Kennedy et c’est vraiment une référence que tout entrepreneur devrait avoir lu !

Est-ce que tu as un souvenir mémorable dans ta carrière d’entrepreneur que tu pourrais nous faire partager sur Web Entrepreneur Débutant ?

J’en ai beaucoup. Mais s’il y en a un évident et qui dépasse tous les autres, c’est certainement mon séjour à Paris en 2006 dans le cadre du Salon e-Commerce. Juste avant mon départ pour la France, j’ai mis un terme à une association importante et à une relation qui durait depuis 5 ans. Donc autant dire que je n’étais pas à mon mieux.

 

Lorsque je me suis rendu au Salon la première journée, j’ai réalisé que des centaines de personnes avaient fait le déplacement pour venir me rencontrer. Dont un père et son fils qui avaient fait le voyage en voiture depuis lePortugal. Et un autre qui venait du Brésil ! C’est là que je me suis vraiment rendu compte de l’impact que mon travail avait sur la vie de centaines, voire de milliers de personnes.

C’est une belle consécration en effet !

Tu es consultant marketing pour des entreprises, tu as également ton propre réseau de sites et tes propres produits d’information, est-ce que tu peux nous dire comment tu répartis ton travail entre ces différentes activités ? Qu’est-ce qui te plait le plus ?

Mis à part lorsque j’ai des gros projets, je ne peux pas dire que je travaille beaucoup… Bon ma copine dirait le contraire. Mais la plus grande partie de mon temps de travail est passée à réfléchir et à développer des méthodes, des concepts et des outils marketing. C’est vraiment ce que je préfère faire, c’est aussi ce à quoi je suis le meilleur. Ceci dit, beaucoup de gens travaillent avec moi, et sans eux je ne pourrais pas faire ce que je fais de mieux.

J’ai l’impression qu’en ce moment on assiste à un phénomène totalement nouveau dans le monde francophone: les blogueurs utilisent de plus en plusdes techniques marketing pour développer les revenus de leur blog (utilisation massive de l’email marketing, création de produits), toi qui est dans le marketing Internet depuis des années, qu’est-ce que tu penses de ce phénomène ?

Pour moi ce n’est rien de nouveau : vendre d’un blog, d’un site ou d’une boutique, c’est pas mal la même chose, c’est de la vente. Ceci dit,ce qui m’étonne le plus, c’est que le phénomène soit si récent en français. Ce qu’il y a vraiment d’étonnant là-dedans, c’est que les blogueurs n’aient pas réalisé plus tôt le potentiel commercial de leur capacité de diffusion et d’influence sur les décisions d’achat de leurs visiteurs.

 

Là où je dis bravo,c’est que le blog a en quelque sorte démocratisé le business enligne, tout simplement parce qu’il rend la technique du web beaucoup plus accessible à beaucoup plus de gens. Et ça c’est super !

Tu viens de publier un livre blanc concernant l’état du marketing Internet en 2011, je l’ai lu avec attention et je l’ai trouvé très intéressant,notamment lorsque tu parles des récentes tendances et que tu rappelles des principes intemporels concernant le marketing, est-ce que tu peux nous en parler un peu plus ?

 

Ben le marketing, c’est du marketing ! Que ce soit par la poste, à la télé, à la radio, ou encore sur internet, c’est essentiellement la même chose. Bien sûr chaque média a ses spécificités. Mais les grands principes qui s’appliquent peu importe le média, en publicité par exemple, sont connus depuis la fin du XIXe siècle.

 

Les grands principes de ciblage, eux, sont connus depuis le début des années 70 avec l’informatisation des fichiers. Pourtant, ceux qui se lancent en affaires ont à peu près tous tendance à croire que leurs clients sont différents, que leur business est différent, que les principes de tests et de mesure de performances, c’est pas important…

 

C’est comme si chaque fois qu’une nouvelle entreprise se lançait, il fallait réinventer les modèle économiques, le marketing, les ventes. C’est contre-productif ! Je préfère nettement m’appuyer sur des principes qui ont fait leurs preuves pour limiter mes risques et évaluer les performances réelles de mes actions marketing.

 

 

Très intéressant comme remarque, effectivement il est inutile de réinventer la roue à chaque fois !

Quelles sont selon toi les tendances à venir dans le domaine du marketing ? Peut-être que tu as un avis différent pour les marchés anglophones et francophones ?

Il y a une tendance récurrente que je vois, qui me fait sourciller à chaquefois : c’est d’abandonner les médias qui ont fait leurs preuves chaque fois qu’un nouveau type de média apparaît.

 

Depuis que j’ai commencé en marketing internet j’ai dû voir ça 10 ou 12 fois : lorsque Yahoo! a lancéOverture, la bannière a pratiquement disparu. Lorsque Google est arrivé,ça a été le référencement naturel. Lorsque Google a lancé AdWords, Overture a presque disparu. Lorsque le marketing par email a commencé à faire son apparition, tous ceux qui faisaient du marketing postal s’y sont tournés, etbeaucoup ont abandonné la poste. Lorsque les blogs sont apparus, les sites n’avaient plus lieu d’être, et lorsque Facebook et Twitter sont apparus, soudainement on a annoncé la mort du marketing par email.

 

Ceux qui vraiment feront fortune au cours des prochaines années seront ceuxqui sauront développer un marketing vraiment multi-médias : poste,  téléphone, Internet, TV, radio, magazines, réseaux sociaux, blogs, référencement naturel, marketing par email, affiliation, bannière, marketing mobile, etc.

 

Pour l’instant tout ce que je vois ou à peu près est unidimensionnel. D’abord, c’est risqué. Et ensuite, c’est sous performant !

Merci pour tes réponses Didier.

Ce fût un plaisir Aurélien.

Cliquez ici pour en savoir plus et télécharger l’interview complète de Didier de 37 pages qu’a réalisée Dushan Jancik.

Click Here to Leave a Comment Below 7 comments
Jérôme - 12 février 2011 at 16 h 39 min

Bien belle interview qui est publiée à un moment fort bien choisi ;-)
Elle est très complémentaire avec celle de Dushan.

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Les tweets qui mentionnent Didier Bonneville-Roussy et l’état du marketing Internet en 2011 -- Topsy.com - 12 février 2011 at 16 h 39 min

[…] Ce billet était mentionné sur Twitter par Aurelien et Aurelien, Mohamed Preblogger. Mohamed Preblogger a dit: Didier Bonneville-Roussy et l’état du marketing Internet en 2011 http://bit.ly/fhXiI3 Par WED […]

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Olivier - 12 février 2011 at 16 h 39 min

Didier est un ‘personnage » à connaïtre…
et sa conclusion revient à ce que je dis parfois:
les agences de com’ parlent souvent de communication
à 360 degrés mais c’est plus que çà, 360 degrés on est encore
à plat alors que la communication est multi-directionnelle de nos jours
et donc on passe du plan à l’espace..
C’est dailleurs un problème: on écrit un artcile, qui est mis surTwitter, sur FB , Viadeo,
et qui est commenté sur ces mêmes réseaux .. comment gérer les com’ ?
le CM a du boulot !

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Dushan - 12 février 2011 at 16 h 39 min

Salut Aurélien,

Félicitations pour ton article ! La qualité des réponses n’entrerait pas en ligne de compte sans la qualité des questions !

Et merci pour la mention de mon interrogatoire. C’est moins axé « entrepreneuriat », plus axé business en ligne et marketing Internet, mais je pense que ça intéressera ceux qui ont lu ton interview et qui sont intéressés par le personnage et son savoir !

Au plaisir de recauser avec toi,
Dushan

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Nathanael - 12 février 2011 at 16 h 39 min

Il est vrai que Didier est une des références du copywriting francophone, je pense qu’il est un des tout premiers avec Christian Godefroy à développer les différents concepts marketing au web.

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Quels mentors pour m’aider à développer mes revenus sur Internet, continuer de parcourir le monde et kiffer ? - 12 février 2011 at 16 h 39 min

[…] Didier Bonneville-Roussy, un marketeur canadien (interview réalisée depuis) […]

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Manuel - 12 février 2011 at 16 h 39 min

Très intéressant, l’expérience des personnes ayant arpenté le terrain est toujours précieuse.
Merci de nous la faire partager :-)

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Pas de commentaire avec des ancres optimisées du style "gagner de l'argent" ou "casino en ligne", merci.