Entrepreneurs : 3 conseils pour passer dans les médias ?

Ca y est, vous avez attiré l’attention des médias grâce à la personnalité de votre entreprise ou à la qualité de vos produits.

C’est une occasion en or pour booster votre notoriété et attirer de nouveaux clients.

Mais êtes-vous réellement prêt à affronter les pièges tendus ? Savez-vous comment optimiser le plus possible cette première expérience médiatique pour en faire une publicité de grande ampleur ?

Avant de vous lancer, assurez-vous de connaitre les points à respecter et les erreurs à ne pas commettre qui pourraient griller votre image.

1. Ne négociez pas de rémunération

Vous pensiez que vous alliez être rémunéré pour avoir apporté de la valeur ajoutée aux journalistes ? Ceci est un grand mythe. Vous ne serez jamais payé pour avoir été le sujet d’une interview ou d’un documentaire télé.

Ceci est aussi vrai même si vous êtes le personnage principal du sujet ou qu’il s’agisse d’un média très important. Même les personnalités compétentes ne sont pas payées et cela peut paraitre étonnant surtout quand on sait que les tournages de documentaires demandent un vrai travail de votre part. Vous devez en effet être disponible, réactif et apporter du contenu à forte valeur ajoutée.

Les rares cas où les intervenants sont payés sont les suivants : lorsqu’il s’agit d’une personne à la très forte notoriété (acteur, auteur, mannequin…) ou plus secrètement lorsqu’il s’agit d’un faux témoin (et donc d’un acteur ou d’un figurant prêt à tout pour percer) pour ajouter un peu de croustillant à un sujet. Mais ceci reste un phénomène marginal qui sera largement démenti par la plupart des journalistes.

La puissance des médias sur le public est tellement importante qu’on considère que c’est une opportunité pour vous de participer gracieusement à un sujet médiatique.

Le monde des médias fonctionne de cette façon et vous devez vous y faire. Les résultats à court, moyen et long termes sont suffisamment intéressants pour que vous n’accordiez pas d’importance au fait de ne pas être rémunéré.

Le fait de tenter de négocier une rémunération pour vos premiers passages médiatiques démontre deux choses : votre inexpérience du domaine et votre prétention injustifiée. Deux points que les journalistes ne manqueront pas de retourner contre vous dès la première occasion.

2. Préparez vos idées clefs

Faire l’objet d’un reportage est un véritable exercice de marketing appliqué. Que voudriez-vous que le public retienne de votre passage ? Quelles valeurs souhaitez-vous transmettre ? Quelle personnalité voulez-vous refléter ? Tout ceci se prépare en amont et y aller « au feeling » est une très mauvaise idée. Se préparer tout en étant naturel et efficace est d’ailleurs un point clef de la gestion médiatique.

Si le journaliste que vous allez rencontrer a préparé son sujet de façon sérieuse, vous pouvez être sur qu’il connait bien le marché sur lequel vous intervenez. Il connait vos concurrents, il connait votre historique, vos points forts et vos faiblesses.

Son but n’est pas pour autant de vous descendre mais il vous en voudra de ne pas apporter de la bonne matière à son sujet au point qu’il pourrait décider de faire appel à quelqu’un d’autre (et souvent le confrère que vous appréciez le moins ;)).

Alors comme les meilleurs rappeurs, armez-vous de « punchlines » ces petites phrases fortes qui riment bien et qui démontrent une idée de manière simple efficace.

Dans mon domaine, le coaching sentimental, j’en utilise quelques unes qui sont souvent reprises par les médias : « Vouloir plaire à tout le monde, c’est nécessairement plaire à n’importe qui » ou encore « Pour séduire les femmes de ses rêves, il faut d’abord devenir l’homme de ses rêves ». Les journalistes en sont très friands.

Le fait de répondre aux questions d’un journaliste sans avoir un angle précis à défendre vous rendra difficilement identifiable auprès du public. Vous devez avoir un créneau ou une signature particulière qu’on peut identifier. C’est aussi l’occasion de vous différencier par rapport à vos concurrents. Ne parlez pas des valeurs que vous avez en commun et jouer sur vos différences fondamentales.

La médiatisation est un formidable outil qui vous permet de véhiculer vos valeurs et de donner envie au public de consommer votre philosophie. Mais comme avec tout outil, vous pouvez planter un clou…ou vous briser un doigt. Visez juste et vous éviterez les drames.

3. Souriez, vous êtes filmé

Il est parfois intéressant de prendre du recul et de comprendre quelle va être la destination finale du message. Si vous analysez globalement la situation, vous n’êtes pas en train de répondre aux questions d’un journaliste, vous vous adressez à un public.

Ce sont les gens extérieurs qui vont consommer l’information que vous donnerez à travers le support mis en forme par le journaliste. C’est à eux que vous devez parler et exprimer les points forts de votre entreprise. Vous répondez à leurs problématiques et pas à celles du journaliste.

Dans le feu de l’action on a tendance à vouloir satisfaire les journalistes pour se les mettre dans la poche et on perd de vue le message que l’on est venu transmettre. Considérez à chaque passage médiatique que vous vous adressez directement à vos clients potentiels. C’est le meilleur moyen de convertir votre public en prospect et vos prospects en clients.

Enfin le dernier point sur lequel j’insisterai est celui de l’attitude. À moins que la nature de votre marché exige de la retenue (services funéraires, milieu hospitalier…) vous devez adopter une attitude positive et énergique. Souriez le plus possible, ponctuez votre discours, parlez avec des images et soyez accessible. Si votre domaine est technique essayez de vulgariser le plus possible pour être compris de tous.

En communication la forme importe plus que le fond même si celui-ci est un pré-requis indispensable. Si vous vendez un produit formidable mais que vous ne faites rêver personne, vous n’atteindrez jamais le succès.

Vous en voulez plus ?

Avez-vous des questions sur votre première médiatisation ? Souhaitez-vous avoir plus de conseils sur ce sujet ? N’hésitez pas à poster un commentaire et je me ferai le plaisir de vous aider à développer votre image au près du public.

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weetabix - 6 years ago

Oui, il faut se préparer avant toute médiatisation !
que celà soit le discours mais également l’aspect physique : vos faites votre pub, vous êtes votre pub !
Relisez la présentation de votre projet afin de savoir de quoi vous allez parler… si on vous pose une question à laquelle vous ne vous attendiez pas, essayer de la rattacher à une de vos idées directrices… ( c’est ce que font les politiques ! 😉 )

Tout celà pour dire qu’à partir du moment où vous envoyez un communiqué de presse, notamment, vous devez être prêt à répondre à touts sollicitations: de nombreux internautes se demandent  » qu’est ce que je vais dire ? » 30 secondes avant leur intervention…

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Benjamin - 6 years ago

Il faut aussi savoir d’avance que sur un enregistrement de 2 heures, il ne vont garder que 5 min au montage, d’où l’importance du conseil des phrases clés.
Moi qui ai eu la chance de faire les 3 médias (télé, radio, presse), on est souvent surpris de ce qu’ils gardent au final…

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Alexandre Roth - 6 years ago

@Benjamin : Je ne peux que t’appuyer la dessus, la sélection dans les rushs peut paraitre étrange pour ceux qui ne sont pas habitués car la démarche d’un journaliste tv est avant tout d’illustrer un sujet qu’il a deja écrit en amont. Il vient récolter des images et renforcer son argumentaire mais il ne vient pas rendre compte de votre vision des choses.

Il en est de même pour les papiers des journalistes de presse qui peuvent encore être plus subjectifs.

Le seul moyen d’avoir du contrôle sur ce qu’on dit est de faire du direct en radio ou en télé. Pour le reste il faut connaitre les risques liés à la nature des supports et agir en stratège.

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Rémy Bigot - 6 years ago

Excellent article, que je viendrai relire le jour où je passerai dans « Capital » ^^.
Un de mes rêves, parler de nos activités sur l’émission d’M6 !

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Alexandre Roth - 6 years ago

@Rémy Bigot : Merci pour le compliment 😉

Attention cependant aux émissions de type « Capital » ou « Zone Interdite » : ils adorent utiliser le « off » et les réponses gênées des questions pièges surtout lorsqu’il s’agit de parler d’argent.

D’ailleurs avez-vous remarqué que lorsqu’il s’agit de parler d’un business aux US le ton est souvent très différent que lorsque l’on parle la même chose en France. Les américains sont présentés comme novateurs (parfois un peu excentriques) tandis que les français qui font la même chose sont de vilaines petites fouines qui exploitent les problèmes des autres. Cela restera un mystère…

Ceci dit on commence à voir des choses plus encourageantes, je me souviens notamment de Hakim Benotmane de Nabab Kebab dans Zone Interdite il y a quelques mois. L’image de son business était plutôt positive et cela lui a apporté une très belle notoriété.

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Yvon - 6 years ago

Bonjour Alexandre.

Merci pour cet article très pointu sur ce domaine que je connais mal.

C’est de la communication à grande échelle, donc cela semble pratiquement indispensable d’aller s’y frotter au même titre que l’écriture d’un article invité sur un blog de grande écoute.

Pour autant, ça fait quand même un peu peur car comme lorsque l’on conduit une voiture très puissante pour la première fois, tout va super vite, et à moins d’une bonne formation à ce qui nous attend, le mur est vite là.

Personnellement, la partie argumentaire ne me poserait pas vraiment de souci (c’est mon métier), mais tout ce qui concerne l’état d’esprit de la personne qui interroge, et son but avec l’interview, ça c’est beaucoup plus aléatoire.

Je veux dire qu’on peut se préparer à tout, si le but du journaliste est de faire de l’audience et du senstionnel à bon compte, et qu’il décide d’un coup de te poser une question ultra embarrassante que tu n’avais pas préparée, alors tu vas te faire démonter. En public, et devant des millions de personnes.

Donc à ce propos, j’avais une question – forcément ! : Existe-t-il des moyens « génériques » pour réagir comme il faut à une question embarrassante sans plomber son business à tous les coups ?

Une sorte de guideline qu’il faudrait suivre à la lettre, quelque soit la question posée.

Merci d’avance de ta réponse.

Yvon

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Alexandre Roth - 6 years ago

Bonjour Yvon,

Effectivement un premier passage médiatique peut effrayer ceux qui ne connaissent pas bien les médias. La bonne nouvelle c’est qu’on peut rapidement apprendre les fondamentaux pour s’en sortir honorablement. Il suffit pour cela d’avoir les bons réflexes.

Premièrement, il faut savoir que l’image du journaliste qui ne nous veut que du mal est dans la plupart des cas une idée exagérée. Globalement, il veut juste faire son boulot et si possible dans de bonnes conditions. Ne perds pas non plus de vue qu’il ne travaille pas pour une agence de communication, il n’est donc pas la pour faire ta publicité. Ainsi il faut accepter les petites provocations ou critiques qui n’auront au final pas d’impact négatif sur ton business.

Pour éviter de griller son image il faut déjà choisir les bons supports. Si tu n’as pas confiance dans le montage d’une émission, tu peux par exemple faire uniquement du direct. Tu peux aussi faire de la radio si tu sens que tu ne maitrises pas encore ton image.

Une fois le choix du support établi, il faut tu choisisses aussi le type d’émission ou l’angle du sujet dans lequel on te propose d’intervenir. Par exemple, j’ai refusé plus de trois fois de participer à l’émission « Toute une histoire » sur France 2 à l’époque de Jean-Luc Delarue. Dire « oui » aux sujets qui m’ont été proposés revenait à signer pour le casse-pipe et j’ai d’ailleurs laissé de nombreux concurrents se griller à ma place 😉

Une fois ce tri fait, tu peux te pencher sur le fond et te préparer à répondre aux questions les plus délicates. Il faut savoir que dans tout type de business, il y a toujours des questions embarrassantes. Si tu connais bien ton métier, tu dois parfaitement savoir quels sont les sujets sensibles concernant ton entreprise ou ton marché. Autrement il existe des sujets brulants universels comme l’argent qui est une thématique très apprécié des journalistes.

Pour répondre à ces questions pièges j’ai développé une méthode qui consiste à toujours montrer l’aspect positif d’un point polémique. D’un point de vue de l’attitude, il faut rester cool ou même rire de manière sympathique ce qui véhicule que tu ne considères par la question comme étant sérieuse. Tu peux aussi jouer sur le ton de la révolte en disant qu’au contraire tu défends telle valeur et que tu t’opposes farouchement à ceux qui font ce que le journaliste soulève.

Dans le vocabulaire il faut supprimer tous les éléments de langage négatifs et remplacer ceux utilisées par le journaliste par des expressions positives. C’est une manière de ne pas cautionner ses propos et cela évitera de lui donner des images ou du son avec ces mots sortant de ta bouche (l’importance du montage est à ne jamais oublier).

Par exemple si on te demande pourquoi tu exploites une situation de faiblesse de tes clients, tu peux répondre qu’au contraire tu apportes une aide ou une solution. Si on te parle de dépenses ou de prix cher, parle d’investissement essentiel et des bénéfices reçus.

Si tu appliques ne serait-ce que ces quelques règles, tu éviteras le pire lors de tes passages médiatiques. Évidemment il existe beaucoup d’autres points essentiels mais ca sera l’occasion d’un autre article.

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Yvon - 6 years ago

Hé bien voilà une réponse détaillée et précise comme je les aime.
Merci beaucoup pour ces précisions.
Yvon

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nounours501 - 6 years ago

Au départ on a peut-être tendance à accepter tout et n’importe quoi pour qu’on parle de nous, genre même le journal de la mairie de trucmuche ous fait plaisir?

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Alexandre Roth - 6 years ago

Tu as raison nounours501 et c’est de cette façon que beaucoup d’entrepreneurs se plantent au premier passage médiatique.

Pour ce qui est des petits médias comme le journal de la mairie par exemple, c’est au contraire un bon moyen pour s’entrainer à être à l’aise avec les journalistes. L’impact est faible donc la marge de manœuvre plus élevée et les erreurs tolérées.

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Sebastien - 6 years ago

ca se prépare oui mais c’est un métier ou du moins ca le devient …

la difficulté est de sauter dans l’eau et ensuite de voir comment on réagit face à la « pression », nous avons tous des réactions différentes et vouloir tout contrôler n’est pas envisageable !

du recul du travail et ne pas se poser de questions !

Sébastien

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Nicolas J - 3 years ago

En lisant votre article et ses commentaires je me rends compte qu’une interview se prépare! Les offs qui peuvent être utilisés c’est presque vicieux je n’y avais pas pensé. Merci pour ce billet Alexandre 🙂

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Pas de commentaire avec des ancres optimisées du style "gagner de l'argent" ou "casino en ligne", merci.