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Didier Bonneville-Roussy et l’état du marketing Internet en 2011

J’inaugure aujourd’hui sur Web Entrepreneur Débutant une série d’interviews de marketeurs francophones pour vous permettre de mieux les connaitre et de comprendre ce qu’ils peuvent vous apporter pour développer votre activité sur Internet.

Dans cette première interview, Didier Bonneville-Roussy nous explique comment il a réussi à percer dans le marketing Internet et il nous livre également son analyse de l’état du marketing sur Internet en 2011.

Aurélien Amacker: Bonjour Didier et bienvenue sur Web Entrepreneur Débutant ! Tu es un marketeur canadien avec une très grosse expérience (tu es par exemple le fondateur du logiciel d’emailing Cybermailing), et j’ai voulu faire cette interview pour permettre aux membres de la communauté Web Entrepreneur Débutant de mieux te connaitre.
Est-ce que tu peux nous rappeler brièvement ton parcours ? Comment est-ce que tu as démarré dans le marketing Internet ?

Didier Bonneville-Roussy: Bonjour Aurélien, je crois que j’ai débuté en affaires comme un peu tout le monde : par accident. Lorsque j’avais 17 ans j’ai découvert le Web à la bibliothèque. Sur un des postes informatiques il y avait un logiciel, Gopher, que j’ai eu le plaisir de découvrir. Gopher est en fait l’ancêtre des navigateurs actuels. On est en 1994.
Quelques mois plus tard un ami et moi nous étions mis dans la tête de se bâtir une entreprise pour vendre des Comics Books sur internet. Ça a été un flop, mais terrible ! En six mois, pas une seule vente ! Peut-être une centaine de visiteurs… Pire, j’avais perdu mes prêts et ma bourse pour mes études dans l’achat du stock.

Essentiellement j’avais commis à peu près toutes les erreurs que quelqu’un peut commettre lorsqu’il se lance. Pourtant j’étais persuadé que ce média avait un avenir commercial.

J’ai donc passé plusieurs années à traquer et étudier ceux qui arrivaient àen faire quelque chose. C’est comme ça que j’ai découvert en 1995 Corey Rudl, Mike Enlow, Ken McCarthy, Jay Abraham, Dan Kennedy, Paul Myers, Gary Halbert. Tous des légendes en marketing Internet et en marketing direct.

Et à partir de là j’ai fait mon petit bonhomme de chemin. Avec comme premier succès « Advertizers and Web marketers Digest », une newsletter que je publiais bien irrégulièrement qui comptait 25 000 abonnés. En 1996 c’était quelque chose ! C’était probablement même une des plus grosses newsletters sur lesujet. Je me suis ensuite tourné vers le consulting, le marketing postal et le marketing téléphonique, j’ai aussi fait un peu de publicité dans les journaux…

25 000 abonnés à une newsletter en 1996 effectivement c’était quelque chose !
Tu sais, en février 2010 je me suis donné un an pour développer mes revenus sur Internet et parcourir le monde et je voudrais savoir, quand est-ce qu etu as senti que tu étais en train de réussir ? C’est à dire que tu allais réussir à développer une entreprise pérenne et continuer à la développer ?
Est-ce qu’il y a eu un évènement en particulier où tu t’es dit « là c’est bon, je suis en train d’y arriver » ?

Ça je dois avouer que ça a été très long ; tu sais, entre posséder les techniques qui permettent de faire de l’argent, et vraiment les utiliser de façon pérenne, je dirais qu’il y a un monde ! De 1996 à 2003 à peu près, je dirais que j’étais dans la catégorie des opportunistes d’affaires : je prenais un client par-ci par-là, j’avançais sans jamais vraiment me donner de structure solide et des assises sur lesquelles je pourrais construire.

La grande percée s’est faite en 2003 lorsque je me suis finalement décidé à écrire un cours de marketing internet, mais en français. Jusque-là je n’avais travaillé qu’avec des anglo-saxons. Le succès de ce cours a été immédiat, instantané et durable…
D’abord parce que j’avais un plan. Ensuite parce que j’avais aussi développé une solide association avec Lionel Palazzi. On peut dire que cette rencontre a probablement été la plus déterminante de ma carrière.

 

À ce moment-là j’ai su : non seulement que j’avais quelques chose de gros entre les mains, mais surtout que je ne manquerais plus jamais de rien.

 

Et tout a déboulé… l’achat de Cybermailing à Gilles Ortheau, des associations avec certains clients, la rencontre des plus grands marketeurs francophones…

Quelles ont été tes influences majeures dans le domaine du marketing et de l’entrepreneuriat ?

Je dirais qu’il y a eu trois influences majeures :

Jay Abraham, ma première réelle incursion dans la pensée stratégique.

 

Dan Kennedy, qui a été en quelque sorte le déclencheur qui m’a sorti du mode attente, pour passer en mode création d’opportunités.

 

Et Warren Buffet, qui m’a fait réaliser la relation très étroite entre le marketing et la solidité financière d’une entreprise et sa capacité à enrichir ses propriétaires.

Effectivement je viens de lire « No B.S. Marketing to the affluent » de Dan Kennedy et c’est vraiment une référence que tout entrepreneur devrait avoir lu !

Est-ce que tu as un souvenir mémorable dans ta carrière d’entrepreneur que tu pourrais nous faire partager sur Web Entrepreneur Débutant ?

J’en ai beaucoup. Mais s’il y en a un évident et qui dépasse tous les autres, c’est certainement mon séjour à Paris en 2006 dans le cadre du Salon e-Commerce. Juste avant mon départ pour la France, j’ai mis un terme à une association importante et à une relation qui durait depuis 5 ans. Donc autant dire que je n’étais pas à mon mieux.

 

Lorsque je me suis rendu au Salon la première journée, j’ai réalisé que des centaines de personnes avaient fait le déplacement pour venir me rencontrer. Dont un père et son fils qui avaient fait le voyage en voiture depuis lePortugal. Et un autre qui venait du Brésil ! C’est là que je me suis vraiment rendu compte de l’impact que mon travail avait sur la vie de centaines, voire de milliers de personnes.

C’est une belle consécration en effet !

Tu es consultant marketing pour des entreprises, tu as également ton propre réseau de sites et tes propres produits d’information, est-ce que tu peux nous dire comment tu répartis ton travail entre ces différentes activités ? Qu’est-ce qui te plait le plus ?

Mis à part lorsque j’ai des gros projets, je ne peux pas dire que je travaille beaucoup… Bon ma copine dirait le contraire. Mais la plus grande partie de mon temps de travail est passée à réfléchir et à développer des méthodes, des concepts et des outils marketing. C’est vraiment ce que je préfère faire, c’est aussi ce à quoi je suis le meilleur. Ceci dit, beaucoup de gens travaillent avec moi, et sans eux je ne pourrais pas faire ce que je fais de mieux.

J’ai l’impression qu’en ce moment on assiste à un phénomène totalement nouveau dans le monde francophone: les blogueurs utilisent de plus en plusdes techniques marketing pour développer les revenus de leur blog (utilisation massive de l’email marketing, création de produits), toi qui est dans le marketing Internet depuis des années, qu’est-ce que tu penses de ce phénomène ?

Pour moi ce n’est rien de nouveau : vendre d’un blog, d’un site ou d’une boutique, c’est pas mal la même chose, c’est de la vente. Ceci dit,ce qui m’étonne le plus, c’est que le phénomène soit si récent en français. Ce qu’il y a vraiment d’étonnant là-dedans, c’est que les blogueurs n’aient pas réalisé plus tôt le potentiel commercial de leur capacité de diffusion et d’influence sur les décisions d’achat de leurs visiteurs.

 

Là où je dis bravo,c’est que le blog a en quelque sorte démocratisé le business enligne, tout simplement parce qu’il rend la technique du web beaucoup plus accessible à beaucoup plus de gens. Et ça c’est super !

Tu viens de publier un livre blanc concernant l’état du marketing Internet en 2011, je l’ai lu avec attention et je l’ai trouvé très intéressant,notamment lorsque tu parles des récentes tendances et que tu rappelles des principes intemporels concernant le marketing, est-ce que tu peux nous en parler un peu plus ?

 

Ben le marketing, c’est du marketing ! Que ce soit par la poste, à la télé, à la radio, ou encore sur internet, c’est essentiellement la même chose. Bien sûr chaque média a ses spécificités. Mais les grands principes qui s’appliquent peu importe le média, en publicité par exemple, sont connus depuis la fin du XIXe siècle.

 

Les grands principes de ciblage, eux, sont connus depuis le début des années 70 avec l’informatisation des fichiers. Pourtant, ceux qui se lancent en affaires ont à peu près tous tendance à croire que leurs clients sont différents, que leur business est différent, que les principes de tests et de mesure de performances, c’est pas important…

 

C’est comme si chaque fois qu’une nouvelle entreprise se lançait, il fallait réinventer les modèle économiques, le marketing, les ventes. C’est contre-productif ! Je préfère nettement m’appuyer sur des principes qui ont fait leurs preuves pour limiter mes risques et évaluer les performances réelles de mes actions marketing.

 

 

Très intéressant comme remarque, effectivement il est inutile de réinventer la roue à chaque fois !

Quelles sont selon toi les tendances à venir dans le domaine du marketing ? Peut-être que tu as un avis différent pour les marchés anglophones et francophones ?

Il y a une tendance récurrente que je vois, qui me fait sourciller à chaquefois : c’est d’abandonner les médias qui ont fait leurs preuves chaque fois qu’un nouveau type de média apparaît.

 

Depuis que j’ai commencé en marketing internet j’ai dû voir ça 10 ou 12 fois : lorsque Yahoo! a lancéOverture, la bannière a pratiquement disparu. Lorsque Google est arrivé,ça a été le référencement naturel. Lorsque Google a lancé AdWords, Overture a presque disparu. Lorsque le marketing par email a commencé à faire son apparition, tous ceux qui faisaient du marketing postal s’y sont tournés, etbeaucoup ont abandonné la poste. Lorsque les blogs sont apparus, les sites n’avaient plus lieu d’être, et lorsque Facebook et Twitter sont apparus, soudainement on a annoncé la mort du marketing par email.

 

Ceux qui vraiment feront fortune au cours des prochaines années seront ceuxqui sauront développer un marketing vraiment multi-médias : poste,  téléphone, Internet, TV, radio, magazines, réseaux sociaux, blogs, référencement naturel, marketing par email, affiliation, bannière, marketing mobile, etc.

 

Pour l’instant tout ce que je vois ou à peu près est unidimensionnel. D’abord, c’est risqué. Et ensuite, c’est sous performant !

Merci pour tes réponses Didier.

Ce fût un plaisir Aurélien.

Cliquez ici pour en savoir plus et télécharger l’interview complète de Didier de 37 pages qu’a réalisée Dushan Jancik.

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Comment Jérôme vit la semaine de 4 heures en ayant créé sa société de e-commerce

J’ai le plaisir d’accueillir aujourd’hui Jérôme, un web entrepreneur qui a une expérience extraordinaire à vous raconter. Vous connaissez la semaine de 4 heures de Tim Ferriss ? Je pense que Jérôme est l’entrepreneur que je connais qui s’en rapproche le plus. Il a créé sa société dans le e-commerce, et aujourd’hui il gagne un salaire confortable en travaillant 20 heures par semaine depuis n’importe où, voici son histoire.

Bonjour Jérôme, peux-tu nous raconter ton parcours ? Comment as-tu démarré dans ce projet ?

Bonjour Aurélien.

Diplômé d’une école d’informatique, j’ai commencé ma carrière chez Michelin en tant de chef de projet informatique (bon métier, bon salaire et beaucoup d’opportunités d’évolutions verticales et horizontales). Au bout de 4 ans je me suis posé la question de savoir si je voulais un style vie de salarié pendant 40 ans (contrainte de temps, de lieu et une vie professionnelle plutôt routinière) ou si je voyais ma vie autrement (on a qu’une vie et on peut pas se permettre de la rater). Au cours de mes « recherches » sur Internet, je suis tombé sur le site de Olivier Lévy (www.blog-ecommerce.com) qui racontait ses débuts dans le e-commerce ainsi que son évolution et son succès. Après 1 an de réflexion, de planification et projections en tous genre, j’ai démissionné de mon poste pour créer mon entreprise en janvier 2008.

Celle-ci avait 2 activités à ses débuts : la création de sites internet et la vente de lisseurs de cheveux sur Internet. La première année fut un peu galère (comme pour beaucoup de nouveau entrepreneurs) pour trouver des clients pour la création de sites et faire des ventes en e-commerce via mon site www.hair-professionnel.com (1 vente/jour). Le déclic est venu quelques mois après, au cours du salon du e-commerce à Paris en septembre 2008.

Au cours des nombreuses conférences que j’ai suivies, j’ai pu comprendre ce qui était important et j’ai pu définir une feuille de route claire (stratégie, objectifs et indicateurs).

De septembre 2008 jusqu’à septembre 2009 j’ai donc appliqué ces principes et développé l’activité e-commerce en prenant des bureaux pour pouvoir embaucher des stagiaires et les faire travailler sur les différents projets. Fin septembre 2009 nous réalisions 10 ventes/jour. Un peu plus tard, j’ai pris la décision d’arrêter la création de sites Internet pour les autres clients (activité pourtant très rentable mais ne rentrant pas dans la nouvelle stratégie définie pour 2010).

Début septembre 2009, je constatais que la réalisation des commandes fournisseurs et des colis me prenait trop de temps. J’ai donc embauché une personne pour m’aider dans cette tâche et pouvoir me concentrer sur le développement du site. En février 2009 on était à 20 ventes/jour.

C’est là que je suis tombé, au cours de mes lectures, sur « La semaine de 4 heures » de Tim Ferriss. Ce fut comme une révélation pour moi : j’avais trouvé un style de vie qui me correspondait et les principes pour la mettre en place. Je me suis donc lancé dans un projet d’externalisation de l’activité de la société qui a pris environ 6 à 8 mois. Fin septembre 2010, le site faisait 30 ventes/jour, l’activité de marche courante était totalement externalisée chez mon prestataire, ainsi que la partie de rédaction de contenu au sens large.

J’ai donc entrepris des petits voyages en Europe pour « tester » cette nouvelle organisation dématérialisée. Comme se fut un succès, j’ai entrepris un  voyage plus long de 1 mois et demi en Asie (je suis actuellement au Japon au moment ou j’écris ces lignes ;). Le matin je travaille entre 2 à 3 heures de par jour et le reste de la journée et en soirée je visite et je rencontre des personnes dans les pays ou je séjourne (je voyage pas mal via le site couchsurfing.com et dans les auberges de jeunesse pour faire des rencontres).

Qu’est-ce qui a fait la différence selon toi avec tes concurrents ?

Je pense que j’ai eu la « chance » (tout est relatif) d’être sur un marché de pseudo-niche (la vente en ligne de fers à lisser professionnels à destination des particuliers) relativement mal exploité par les acteurs en place. Le fait est que les leaders de ce marché sont tous des coiffeurs et/ou des grossistes en coiffure avec le profil suivant : études courtes et grande expérience dans le commerce dit « classique ». Pour résumer, on peut dire que la notion de stratégie e-commerce, objectifs, indicateurs, procédure qualité et autre gestion de risque leur était un peu indifférent. Il suffisait de regarder le site folica.com (site dont je m’inspire beaucoup) qui est leader sur ce type de marché aux Etats Unis pour comprendre qu’il y avait une place de co-leader à prendre sur le marché français. Le 2e point vient directement de mon expérience chez Michelin (que je remercie au passage). Cela m’a permis de gérer ma société comme un grand groupe :

  • Organisation de la société en marche courante et projets
  • Définition d’une stratégie annuelle déclinée en objectifs et suivi par des indicateurs
  • Définition et formalisation des processus métier
  • Définition et réalisation du système d’information supportant ces processus
  • Gestion des risques et pilotage par les risques
  • Veille en tout genre (concurrentielle, technique, e-commerce…)
  • Etc…

Donc maintenant tu as envie de voyager c’est bien ça ?

Oui c’est bien çà :) Comme je te l’ai dit plus haut je suis en Asie pour environ 1 mois et demi (Thaïlande, Hong Kong, Japon…) et je prévois d’aller en Amérique du sud, Amérique du nord et Océanie l’année prochaine. Quand je rentrerai chez moi à Clermont-Ferrand, je vais faire quelques capitales européennes.Vous conviendrez qu’il est quand même plus sympa de travailler autour monde que chez soir pour un résultat identique ;)

Est-ce que tu penses qu’il y a des opportunités pour des gens qui veulent se lancer comme tu l’as fait dans le e-commerce ?

Oui. Je pense qu’il reste encore des marchés de niche qui sont « mal exploités » par les entreprises dites « clic&mortar », comme ce fut un peu le cas sur mon marché. Après il faut savoir qu’il se crée environ 1 site e-commerce toutes  les 30 minutes en France. Et que 30% d’entre eux ne font pas plus d’une vente/mois. A mon avis la composante technique est le plus gros obstacle à franchir (en plus des autres compétences à maitriser). Donc ou vous avez les compétences et vous le faites vous même, ou vous le faites sous-traiter. Le problème est que les prestataires en informatiques sont chers, qu’ils vous vendent des prestations que vous ne comprenez pas trop et vous font payer le prix fort. Je pense que cela explique en partie le grand nombre de site e-commerce qui vendent très peu.

Il m’arrive de donner des conférences ou de faire des interventions dans des écoles de commerce et je commence toujours par leur donner l’équation du e-commerce qui se présente comme cela : CA = nombre de visiteurs x taux de conversion x panier moyen. Enlevez les frais fixes et variables et vous avez votre marge net.

Vous pouvez donc définir des objectifs de base comme :

  • Augmenter le nombre de visiteurs (acquisition de trafic)
  • Augmenterle taux de conversion
  • Augmenter le panier moyen
  • Réduire vos coûts fixes
  • Réduire vos coûts variables

Ceci est bien sur une vue très simplifiée du e-commerce qui dit ce qu’il faut faire mais pas comment (le comment étant beaucoup plus long, complexe et en constante évolution). Vous pouvez trouver une présentation en ligne que j’ai utilisé dans le cadre d’une intervention qui détaille un peu plus cela : http://prezi.com/vg0-gbroxr4i/e-commerce-by-ibiseness/.

Après je pense que le e-commerce n’est pas la seule voie vers la semaine de 4h. Je vous donne un exemple d’idée business qui m’est venue pendant mon séjour à Bangkok : j’ai rencontré un freelance en infographie qui travaille pour 200 Bats de l’heure (soit 5€). En France, le tarif est entre 400 et 800€ la journée. Il vous suffit donc de trouver des prestataires (en Thaïlande par exemple) puis des contrats chez des clients français. De faire réaliser les travaux en Thaïlande et de prendre la marge dégagée.

Cela nécessite néanmoins de maitriser l’infographie et d’avoir un minimum de connaissance en gestion de projet. Mais cela vous amène une certaine liberté de mouvement et de temps car vous vendez de l’immatériel et vous pouvez piloter votre projet avec un PC et un téléphone. Ce système est déclinable pour bien d’autres prestations : la traduction, la rédaction de contenu, etc… Cela demande un peu travail pour mettre en place le système : voyager pour trouver les bons prestataires et trouver les clients en France. Mais c’est à mon avis tout à fait réalisable (si je n’avais pas ma société je me serai surement lancé dans un business model comme celui-ci ;)

Voilà, j’espère que le récit de mon expérience donnera des idées à certains. Je pense que l’on est seul maitre de son destin et du style de vie que l’on a.

Pour finir je vous donnerai les conseils suivants : désirez ce que vous souhaitez, définissez vos objectifs, tenez y vous coûte que coûte et ne vous laissez pas influencer par les autres. Vivez la vie qui vous convient (et pas celle dictée par la société).

Merci Jérôme ;)

J’espère que vous avez apprécié cette histoire autant que moi. Qu’est-ce que vous pensez de ce parcours d’entrepreneur ? Est-ce que vous voudriez faire la même chose ?

Si vous avez des questions vous pouvez aussi les poser, Jérôme y répondra dans la mesure du possible.

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[Entrepreneuriat] Le succès par l’échec

Aujourd’hui, c’est Weetabix qui intervient sur ce blog. Web Entrepreneur et Webmaster notamment d’i-Actu, il est impliqué dans de nombreux projets et va d’ailleurs lancer début 2011 un nouveau blog pour faire parler de ses expériences. ( certains le testent déjà ! ;- ) ).


Nous aurons l’occasion d’y revenir via une interview que notre ami nous donnera. En attendant Weetabix va nous raconter comment sa première expérience de création d’entreprise qui s’est révélée être un échec lui a permis plus tard de créer une entreprise à succès.

En France, l’échec est mal vu. Il faut réhabiliter cela !

Contrairement aux USA où on vise la première place, mais où on estime ceux qui tentent même s’ils ne réussissent pas, en France lorsqu’on se « trompe », « commet une erreur », les portes se ferment.

Je sais de quoi je parle, j’ai créé une société quelques années après la fin de mes études, j’étais jeune, j’étais motivé et je ne me voyais pas chercher un emploi ou rester chez moi sans rien faire comme beaucoup de mes semblables. Au bout de 2 ans, il a fallu se rendre à l’évidence, la société ne donnait pas le rendement escompté et je survivais plus que je ne vivais en tant que chef d’entreprise. A regret, j’ai donc mis la clé sous la porte…

Pour moi, ces 3/4 ans d’entrepreneur était une incroyable expérience. 3/4 ans car il y a toute la phase de création d’entreprise et celle de cessation à prendre en compte. Je pensais bêtement que ce vécu allait m’aider à trouver un emploi mais je me trompais.

Au lieu d’être un moteur, cette entreprise que j’avais du arrêter était un frein pour bon nombre d’interlocuteurs chez qui je postulais; D’un côté, certains insistaient sur mon manque d’expérience pour ne pas me recruter, me mettant la tête dans mon échec et d’autres voyaient mon ambition comme dangereuse pour la société, ne pouvant être cantonné à un rôle de « sous-fifre » ( mots entendus en entretien).

Aucun recruteur ne m’a demandé ce que j’avais retenu de positif dans mon expérience entrepreneuriale, c’était moi qui faisait part de ce que l’échec ( oui le mot est lâché !) m’avait appris. Il est bien plus formateur d’être à la fois son employé et son patron, son comptable et son actionnaire, de voir ce que chacune de mes actions pouvaient engendrer ou ne pas engendrer, directement sans passer dans un système trop hiérarchisée.

Pour revenir à une comparaison avec les USA, prenons une société à succès actuellement: Apple. MacBook, iPhone, iPad, des réussites que personne ne contestent. Et pourtant ! Dans les années 90 ( oui 1990 !), la firme de Cupertino lançait une tablette nommée Newton, qui n’a pas eu le succès escompté.

Steve Jobs a su se servir de l’erreur du lancement de ce produit pour lancer l’iPad presque 20 ans plus tard. Et si les Macbook sont des succès, qui se souvient de l’iMac ?

Plus récemment, Google a stoppé son service Google Wave mais la société américaine a pris cet échec comme une chance. Eric Shmidt, CEO de la firme, indiquant lors d’une conférence: “Nous essayons des choses… Souvenez-vous, nous célébrons nos erreurs. Nous sommes une entreprise où l’on a aucun problème avec le fait de tester quelque chose à fond, de ne pas obtenir de succès de ce travail et d’apprendre de cet échec.”

Mieux, Eric Schmidt a conseillé aux employés : ‘Faites vos erreurs vite – pour pouvoir faire un autre essai dans la foulée’”. On peut difficilement imaginer ce type de propos dans la bouche d’un grand patron français. Non pas parce qu’aucun ne s’est trompé mais tout simplement parce que glorifier l’échec serait mal perçu par les milieux économiques nationaux et l’opinion.

Pour être plus terre à terre, quand un enfant fait du vélo sans les petites roues arrières et tombe, que font ses parents ? Ils lui interdisent de remonter sur la selle ou ils l’encouragent à remonter rapidement ? Il faut s’en souvenir quand on entreprend …

Pour en revenir à mon cas personnel, quelle était ma situation quand j’ai été contraint de cesser  mon activité ? Je gagnais un peu moins que le SMIC ( d’un contrat 35h) chaque mois …mais je travaillais parfois jusqu’à 15 heures par jour., et même le week-end. Sans vie personnelle en fait, l’entreprise était ma vie personnelle ! Un peu dur donc …

Mais quel bonheur maintenant ! 10 ans après cette première expérience non couronnée de succès. J’ai appris qu’il ne fallait pas croire qu’un marché était conclu tant que le contrat n’était pas signé même si c’est le PDG d’une société qui y met sa main à couper ou le maire d’une ville qui se porte garant. Que de rencontres intéressantes j’ai pu faire grâce à cette première entreprise, surtout que souvent on dit « si jeunesse savait, si vieillesse pouvait » moi j’étais jeune et je savais… et dans ma nouvelle vie, cela m’a aidé. J’ai appris aussi qu’il faut aussi se garder un jardin personnel et des plages de repos même si on se sent capable de tout faire. Mon échec m’a donc bien été profitable.

Et c’est pourquoi, je conseille souvent de ne pas avoir peur de se tromper quand un futur entrepreneur m’interroge. « L’expérience est la somme des erreurs passées », alors n’ayez pas peur de vous tromper ! Certes, ne le faites pas exprès car l’échec n’est pas la condition du succès mais ne baissez-pas la tête si vous devez reconnaître que vous vous êtes trompés. Bien au contraire, soyez fier de ce que vous avez fait … car vous l’avez fait ! Et parlez-en ! Pour montrer que vous avez essayé des « choses » pour montrer aux autres que vous vous êtes trompés mais que vous avez continué à y croire et que vous êtes devenus ce que vous êtes devenus !

Bonne réussite à vous !

Et faîtes moi part de vos erreurs ! Nul doute qu’elles (me) seront profitables dans l’avenir !

D’ailleurs, quelle a été votre dernier échec et qu’en avez-vous retenu ?